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Notre histoire

Les programmes novateurs de l’Association des Amputés de guerre ne cessent d’évoluer au fil des ans. Ils ont d’abord aidé les vétérans amputés – ce qui est toujours le cas aujourd’hui – puis l’ensemble des personnes amputées, y compris les enfants.

Avec votre soutien, notre engagement se poursuit : veiller assidûment au mieux-être des personnes amputées.

1918 : Création de l’Association des Amputés de guerre

The Amputations Association of The Great War

Les origines de l’Association des Amputés de guerre remontent au 23 septembre 1918, date à laquelle l’Amputation Club of British Columbia tient sa première réunion. Il s’agit du premier groupe d’amputés de guerre à se former au Canada. De nombreux autres suivent son exemple et finissent par s’unir pour fonder un organisme national. Les anciens combattants amputés se proposent de constituer une association fraternelle au sein de laquelle ils pourraient s’entraider pour s’adapter à leur nouvelle réalité et veiller aux intérêts leurs pairs gravement handicapés.

Les premières années sont remplies de grands espoirs et de travail acharné reposant sur une philosophie selon laquelle « les amputés s’entraident ». Axée sur l’aide pratique, l’échange de conseils et l’autonomie, l’association s’efforce d’orienter ses adhérents et de répondre à leurs besoins.

Sa charte est adoptée en 1920. L’Association des amputés de la Grande Guerre (ainsi nommée à l’époque) s’engage à lier dans un esprit de fraternité tous les hommes qui ont perdu un membre ou des membres en servant le Canada.

Dans sa constitution, l’association se donne un triple objectif : défendre sa cause auprès du gouvernement canadien; aider les personnes amputées à se recycler et à se réadapter; et enfin, explorer le monde peu connu des membres artificiels et entreprendre de la recherche dans ce domaine.

Anciens combattants

1920 : Sidney Lambert est nommé premier président de l’association

Lieutenant-colonel Sidney Lambert

Le lieutenant-colonel Sidney Lambert, aumônier militaire qui a perdu une jambe au combat au cours de la Première Guerre mondiale, est nommé premier président de l’association. C’est lui qui pose les fondations pour les prochaines générations de personnes amputées et façonne la ligne de pensée selon laquelle, avec du courage et de la détermination, les personnes amputées peuvent réussir dans la vie.

Lieutenant-colonel Sidney Lambert

Quand la Première Guerre mondiale éclate, Sidney Lambert s’enrôle au sein du Calgary Regiment et sert en Angleterre et en France. Il perd une jambe au-dessus du genou en 1916, au cours de la bataille d’Ypres dans le nord de la Belgique.

C’est pendant sa convalescence dans un hôpital de Toronto, le College Street Military Hospital, que Sidney Lambert a pour la première fois l’idée de créer une association nationale qui aiderait à résoudre les problèmes des personnes amputées.

En 1920, Sidney Lambert devient le premier président national de l’association. Il préside aux destinées de l’association pendant la Grande Crise et au-delà. Spécialiste de la législation touchant les anciens combattants, il se présente devant le Parlement à maintes occasions.

Lui-même ancien combattant amputé et aumônier d’hôpital bien connu, d’abord au Christie Street Veterans’ Hospital, puis au Sunnybrook Military Hospital, il est parfaitement au courant des besoins des anciens combattants gravement handicapés et de leur famille.

Relevons le défi de l’amputation et surmontons-le avec le même état d’esprit que celui qui nous a permis de remporter la victoire et de triompher des souffrances, ce qui nous permettra de reprendre le cours de notre vie, couronnée de réussites dignes de nous.

Sidney Lambert
Lieutenant-colonel Sidney Lambert
Sidney effectuant une présentation
Sidney à un monument

En 1931, Sidney Lambert est nommé président honoraire de l’Association Sir Arthur Pearson des aveugles de guerre (ASAP), un groupe avec lequel l’association a collaboré étroitement pour porter à l’attention du gouvernement divers problèmes concernant les pensions.

Sidney et Edwin Baker

Sidney Lambert est un ami proche de l’un des fondateurs de l’ASAP, Edwin Baker, qui œuvre aussi à la direction nationale de l’Association des amputés de la Grande Guerre. Les deux organismes se soutiennent non seulement dans leur travail de représentation en faveur des anciens combattants, mais aussi dans d’autres activités, comme les défilés et les dépôts de couronnes.

À 82 ans, Sidney Lambert reçoit la Médaille pour services éminents de l’Ordre du Canada pour sa contribution au bien-être des anciens combattants du Canada. Il meurt le 5 mai 1971, après cinquante ans de loyaux services au sein de l’association.

Premier rassemblement national

1921 : Premier rassemblement national

Premier rassemblement national

En 1921, l’association tient son premier rassemblement national à Toronto. Ce rassemblement, qui deviendra par la suite un événement annuel, comporte des séances sur la prothétique et sur les questions touchant les anciens combattants amputés. Il laisse aussi place à la camaraderie et constitue pour les adhérents une occasion bien méritée de socialiser.

1921 : Publication du premier numéro du magazine The Fragment

The Fragment

Au cours des premières années, les adhérents de l’association doivent surmonter les problèmes que posent la distance et la communication dans un si vaste pays. Il est difficile de garder le contact, particulièrement pour ceux qui n’habitent pas à proximité d’une succursale de l’association. C’est pourquoi l’organisme crée son magazine interne, intitulé au départ The Amputations’ Quarterly, pour pouvoir communiquer avec ses adhérents partout au pays.

Cette publication, rebaptisée The Fragment en 1926, joue un rôle important pour abolir les distances et transmettre aux membres et à leur famille de l’information essentielle au sujet des pensions, de la législation touchant les anciens combattants, de la prothétique, des soins de santé et des activités organisées par l’association. Rédigés simplement et avec une touche d’humour, ses articles sont le reflet d’une camaraderie que seuls ceux qui sont liés à la fois par le service militaire et l’amputation peuvent comprendre.

Pendant des décennies, le magazine continuera de publier de l’information concernant la technologie de pointe en prothétique et constituera l’une des rares ressources dont disposent les personnes amputées.

1921 : Repousser ses limites

L'équipe de soccer de l'Association des Amputés de guerre pose pour une photo de groupe

Le processus de rétablissement et de réintégration est primordial pour ceux qui doivent s’adapter à leur nouvelle réalité de personnes amputées. L’association a joué un rôle essentiel pour rassembler les amputés de guerre, qui ont ainsi pu s’encourager et apprendre les uns des autres.

À une époque où les handicaps sont souvent tabous dans la société, ces personnes ont décidé que l’amputation n’allait pas les empêcher de faire du sport, de travailler ou de profiter de tous les aspects de la vie. L’équipe de soccer de l’association n’est qu’un exemple de cette ténacité. Les membres de l’équipe ont écrit que, grâce au soccer, ils montrent au grand public qu’ils continuent à aller de l’avant et à repousser leurs limites.

1922 : Mary Riter Hamilton termine ses tableaux des champs de bataille

Mary Riter Hamilton

L’association demande à l’artiste canadienne bien connue Mary Riter Hamilton de peindre les champs de bataille européens afin de saisir toute la dévastation et la destruction engendrées par la guerre avant que les travaux de restauration ne débutent. Une sélection de ses œuvres paraît dans The Gold Stripe.

En 1919, elle se rend seule en France et en Belgique. Travaillant dans des conditions difficiles, elle produit plus de 300 tableaux au cours des trois années suivantes. Il y a quelque chose de fantomatique dans ses paysages meurtris rapidement esquissés. Et pourtant, avec ces images de destruction, elle exprime des messages importants de renouveau et de renaissance, notamment dans son tableau Trenches on the Somme, où l’on voit fleurir des coquelicots rouges au milieu des tranchées.

peinture

Les tableaux de Mary Riter Hamilton ont été exposés à Vancouver et à Victoria, de même qu’en Angleterre et en France. Elle a offert certains de ceux-ci en cadeau à des anciens combattants, mais elle n’a jamais voulu vendre ses œuvres. Elle en a plutôt fait don aux Archives nationales du Canada pour qu’ils soient conservés à la mémoire des Canadiens qui se sont battus et ont perdu la vie durant la Première Guerre mondiale. « J’ai peint ces tableaux pour les hommes et, bien sûr, c’est à eux qu’ils reviennent », dit-elle.

Dans les années 1980, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) a restauré 40 des tableaux de champs de bataille de Mary Riter Hamilton pour une exposition itinérante intitulée « No Man’s Land », un projet mixte de BAC, de l’Association des Amputés de guerre et des conservatrices Sarah McKinnon, Ph. D. et Angela Davis Ph. D. L’exposition a été présentée dans de nombreuses villes du Canada de 1989 à 2001.

peinture peinture peinture

1931 : Les Maritimes se joignent à l’association

En mars 1931, l’association accueille les amputés de guerre des Maritimes et crée ainsi une chaîne continue de Halifax, en Nouvelle-Écosse, à Victoria, en Colombie-Britannique.

1932 : L’association dirige le regroupement de divers groupes d’anciens combattants sous la bannière du CNAAC

À compter de 1932, l’association s’associe à quatre autres groupes d’anciens combattants pour se présenter devant les comités parlementaires afin d’exposer les préoccupations des anciens combattants canadiens. En parlant ainsi d’une seule voix, ils donnent plus de force à leurs revendications auprès du gouvernement.

L’association et les autres groupes fondateurs, soit les Anciens combattants de l’armée, de la marine et de l’aviation du Canada; l’Association Sir Arthur Pearson des aveugles de guerre; l’Association des pensionnés de guerre du Canada et l’Association du Corps d’armée canadien, entretenaient des liens depuis longtemps et œuvraient tous à défendre les droits des anciens combattants, surtout ceux des anciens combattants handicapés.

CNAAC

Ensemble, en 1943, ces groupes forment officiellement le Conseil national des associations d’anciens combattants au Canada (CNAAC). Au fil des ans, le CNAAC a continué à accepter de nombreuses autres organisations d’anciens combattants dans ses rangs et compte aujourd’hui plus de 60 groupes membres.

CNAAC

1936 : Des anciens combattants assistent à l'inauguration du monument commémoratif de Vimy

En 1936, des milliers d’anciens combattants canadiens et leur famille font un pèlerinage en France pour assister à l'inauguration du majestueux Mémorial national du Canada à Vimy, le 26 juillet. Érigé sur un terrain offert au Canada par la France, le monument commémore la bataille de la crête de Vimy et rend hommage à tous les Canadiens qui ont combattu durant la Première Guerre mondiale, particulièrement ceux qui ont laissé leur vie à Vimy et ailleurs en France et dont le lieu de sépulture est inconnu. Parmi les membres de l’association qui participent au pèlerinage, citons l’ancien combattant de la Première Guerre mondiale Vic Burt et les anciens combattants de Vimy Ethelbert « Curley » Christian et Perce Lemmon.

Des membres participent à un pèlerinage à Vimy

1939 : L’association change sa dénomination sociale pour Les Amputés de guerre du Canada

Prévoyant qu’une prochaine génération d’amputés de guerre va revenir des lignes de front de la Seconde Guerre mondiale, l’association prend les devants et change sa dénomination sociale, en 1939, pour Les Amputés de guerre du Canada. Ce changement en fait un organisme inclusif qui procurera de l’information et un sentiment d’appartenance non seulement aux anciens combattants amputés de la Première Guerre mondiale, mais aussi au plus jeune groupe de combattants amputés de la Seconde Guerre mondiale.

The Amputations Association of The Great War

La décision de rebaptiser l’association figure dans le rapport du comité chargé de la constitution en novembre 1939 :

Attendu que la présente crise causée par la guerre influe sur l’avenir de cette association et attendu que les résultats des efforts déployés par cette association devraient aider les victimes de guerres futures, il est proposé par l’Association des amputés de la Grande Guerre que nous adoptions le nom : Les Amputés de guerre du Canada.

1944 : L’association réfute l’idée selon laquelle la technologie prothétique peut « remplacer les membres naturels »

En 1944, l’Association des Amputés de guerre joue déjà un rôle important sur la place publique au sujet de l’amputation et des membres artificiels. Cette année-là, le Toronto Telegram publie un article décrivant les nouveaux membres artificiels comme étant des répliques presque parfaites des membres naturels. L’Association des Amputés de guerre répond de façon éclairée avec un article paru dans The Fragment, mettant en garde contre ce genre de description.

Amputé du bras

Non seulement est-ce faux, mais c’est aussi dommageable, à notre avis, de laisser croire au grand public que les progrès récents dans le domaine des membres artificiels ont été si rapides et si remarquables que les nouveaux amputés de guerre peuvent reprendre une vie active, comme s’ils n’étaient pour ainsi dire pas handicapés.

Aujourd’hui, ce genre d’idée fausse prévaut toujours dans la société et l’association continue à dissiper les mythes au sujet de la technologie prothétique.

1944 : L’association obtient aux vétérans amputés d’un bras des indemnités pour frais dentaires

À la suite d’une présentation faite par l’association à un comité parlementaire en 1941, le ministère des Anciens Combattants crée un régime de soins dentaires pour les amputés d’un bras. Dans sa présentation, l’association avait expliqué que ces personnes utilisent souvent leurs dents pour effectuer les tâches courantes, ce qui entraîne inévitablement une grande usure, voire le bris des dents. Résultat : le ministère des Anciens Combattants accorde « de plein droit » des indemnités pour frais dentaires aux anciens combattants amputés d’un bras.

1945 : Les membres de l’association accueillent les soldats amputés revenant de la Seconde Guerre mondiale

Aubrey McLean

Lorsque les soldats amputés au cours de la Seconde Guerre mondiale reviennent au pays, les « anciens » sont là pour les accueillir au sein de l’association. Ces nouveaux membres, de même que ceux de la génération de la Première Guerre mondiale, contribueront énormément au succès de l’organisme tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Ralph Hodgson, qui avait perdu une jambe pendant la Première Guerre mondiale, fait partie des nombreux membres de l’association qui accueillent personnellement les soldats amputés (et leur famille) à leur retour de la Seconde Guerre mondiale afin de les informer sur l’organisme et leur offrir du soutien. Dans la lettre ci-dessous, il s’adresse à la mère d’Albert Steinhoff, un soldat qui vient de perdre une jambe.

Madame,

On m’a informé que votre fils, Albert M. Steinhoff, a récemment perdu sa jambe droite alors qu’il était en service actif. Nous espérons qu’il reviendra bientôt au Canada à bord d’un navire-hôpital. Ayant moi-même été amputé pendant la guerre précédente, je souhaite avoir le privilège de le rencontrer et de l’aider dans sa transition à la vie civile.

J’aimerais ajouter que notre association compte environ 3000 soldats qui ont perdu des membres au cours de la guerre précédente et nous espérons de tout cœur pouvoir aider ces jeunes hommes qui sont aux prises avec des incapacités semblables.

Recevez, Madame, mes salutations distinguées.
Ralph Hodgson, Les Amputés de guerre du Canada

1946 : Lancement du Service des plaques porte-clés

Des employés travaillant à l'atelier protégé

Le Service des plaques porte-clés est instauré dans le but de fournir de l’emploi aux anciens combattants amputés et de générer des fonds pour l’association en offrant un service utile à la population canadienne.

Dès le départ, le nouveau service est un succès. En plus de procurer à l’association une source de revenus pour ses activités, il lui permet de se faire connaître davantage du public. En attachant une plaque porte-clés des Amputés de guerre à un trousseau de clés ou autre objet précieux, les Canadiens se sentent rassurés à l’idée qu’il pourra leur être retourné s’ils le perdent.

Au début, les plaques porte-clés sont fabriquées à la main et ressemblent à des plaques d’immatriculation miniatures. En quelques mois seulement, plus de 70 trousseaux de clés perdus sont retournés à leurs propriétaires par la poste.

À ce jour, l’Association des Amputés de guerre a retourné plus de 1,5 million de trousseaux de clés perdus à leurs propriétaires.

Plaques porte-clés Plaques porte-clés

1946 : L’association instaure un cours de conduite pour les anciens combattants amputés

Cours de conduite

En 1946, un cours de conduite pour les membres de l’association est instauré à Toronto. Financé par John Labatt, de La Brasserie Labatt ltée, le cours est supervisé et administré par l’Association des Amputés de guerre.

Cours de conduite

Après neuf heures de cours dont une heure de conduite de nuit, les anciens combattants peuvent passer leur examen de conduite et obtenir leur permis. Le cours est aussi offert aux anciens combattants gravement handicapés, y compris les paraplégiques.

Un des premiers membres de l’association à suivre ce cours, Bob McGregor, affirme ce qui suit au Globe and Mail :

Ça change tout de réapprendre à conduire. Savoir manœuvrer une voiture dans n’importe quelles conditions de circulation, cela donne une confiance impossible à décrire. Derrière le volant, on se rend compte qu’on est finalement comme les autres.

1952 : Un convoyeur automatique permet de fournir l’ensemble du Canada en plaques porte-clés

Grâce à un système d’assemblage mécanisé pour les plaques porte-clés, les personnes amputées qui travaillent au Service des plaques porte-clés peuvent désormais produire 2000 plaques porte-clés à l’heure. En 1952, pour la première fois, le service produit suffisamment de plaques porte-clés pour fournir l’ensemble du pays.

Au fil des ans, le Service des plaques porte-clés a continué à se moderniser en adoptant de nouvelles technologies, tout en demeurant un atelier protégé qui emploie des personnes amputées ou ayant d’autres handicaps. Sous la gouverne de David Saunders, CPA, CA, qui travaille à l’association depuis 1979 à titre de directeur des finances et, à présent, de chef de l’exploitation, l’association a également adopté les meilleurs standards en matière de confidentialité. Elle est certifiée ISO 27001:2013 pour l’exploitation d’un système de gestion de la sécurité de l’information afin de protéger la confidentialité des renseignements relatifs aux donateurs et aux plaques porte-clés.

1957 : Formation d’un comité sur la prothétique

Devant la nécessité d’avoir des membres artificiels plus fonctionnels et de meilleurs appareillages, l’Association des Amputés de guerre crée en 1957 un comité sur la prothétique. À l’époque, certains des adhérents portent des prothèses qui n’ont pas changé depuis les années 1920.

Jambe artificielle

Dès le départ, la bataille est rude. Luttant contre les préjugés entourant le handicap, le comité travaille avec acharnement pour faire connaître les besoins et les difficultés des amputés de guerre, dont la majorité est réticente à se « plaindre » des lacunes des membres artificiels. Voici ce que le comité écrit à l’époque :

Nous sommes d’avis que la question des membres artificiels est balayée sous le tapis depuis trop longtemps. Hors de notre propre association et du cercle de nos amis proches, les mots "membre artificiel" sont prononcés à voix basse, ou ignorés.

La conviction que les membres artificiels existants « font l’affaire » nuit aussi au potentiel d’avancement de la technologie prothétique. L’Association des Amputés de guerre combat cette conviction en menant des recherches approfondies pour renforcer les connaissances, se tournant vers les percées internationales au besoin, et devient ainsi experte en la matière.

En 1960, l’association fait campagne pour élargir la gamme de membres artificiels que ses adhérents peuvent se procurer par l’intermédiaire du ministère des Anciens Combattants, affirmant ce qui suit :

Plusieurs personnes amputées se sont procuré leurs propres membres artificiels auprès de sources extérieures; nous suggérons que tous les membres artificiels offerts dans le commerce soient mis à la disposition des amputés de guerre du Canada. Ceux qui ont acheté d’autres membres artificiels en sont satisfaits. Ils n’ont pas de problèmes de moignon, ni mal au dos. Ils n’ont pas besoin de consulter un service de prothétique à tout bout de champ pour faire ajuster leur prothèse, et ce, parce qu’ils ont été bien appareillés. Contrairement à la croyance populaire, on ne doit pas nécessairement souffrir quand on porte un membre artificiel.

Au fil des ans, le comité se bâtit une solide réputation, à la fois comme source d’information pour les personnes amputées et comme porte-parole pour défendre leurs intérêts. Il arrive même que des personnes amputées le consultent de l’étranger, d’aussi loin que l’Égypte.

Le comité est aussi une source d’information incontournable pour le ministère de la Santé nationale et du Bien être social (aujourd’hui Santé Canada), et veille à ce que le gouvernement soit informé de tous les derniers développements en prothétique et en soins de santé pour les personnes amputées.

1957 : L’Association des Amputés de guerre est invitée à se joindre à un comité consultatif gouvernemental

Le ministre des Affaires des anciens Combattants crée un comité consultatif sur les services en matière de prothétique, un groupe indépendant chargé de conseiller le ministère sur les soins prothétiques pour les anciens combattants.

Les quatre grands secteurs liés à la prothétique sont représentés au comité : l’ingénierie; la médecine incluant la chirurgie; la production; et les utilisateurs, qui sont représentés par l’Association des Amputés de guerre.

Bras artificiel

1961 : Des adhérents de l’association font l’essai de la jambe Hydra-Cadence

Bras artificiel

En décembre 1961, la jambe artificielle Hydra-Cadence, avec genou et cheville à contrôle hydraulique, est officiellement approuvée au Canada. L’Association des Amputés de guerre travaille en étroite collaboration avec les fabricants de la prothèse en Californie et contribue à ce que cette prothèse à la fine pointe de la technologie soit offerte au Canada.

Des membres du comité sur la prothétique de l’association entreprennent de faire l’essai de la jambe artificielle et de communiquer les résultats de cet essai aux adhérents de l’organisme. Tout en admettant que la jambe Hydra-Cadence ne saurait convenir à toutes les personnes amputées, ils constatent qu’elle serait fort utile aux personnes amputées au-dessus du genou qui peuvent la porter. L’utilisation de l’hydraulique est un jalon important dans l’histoire de la technologie prothétique, d’ailleurs on y a recours encore aujourd’hui.

Un croquis créé en 1963 représentant des anciens combattants amputés en train d’aider des civils amputés.

1962 : L’association élargit sa portée

Un croquis créé en 1963 représentant des anciens combattants amputés en train d’aider des civils amputés.

Bien que l’association ait été créée pour venir en aide aux anciens combattants amputés, elle commence, en 1962, à élargir son champ d'action de manière à soutenir toutes les personnes amputées au Canada, au moyen de son nouveau Programme de liaisons civiles.

Les deux volets du Programme de liaisons civiles – l’un pour les adultes, l’autre pour les enfants – sont les précurseurs du Programme pour adultes amputés et du Programme LES VAINQUEURS qu’on connaît aujourd’hui.

Le programme repose sur la philosophie « les amputés s’entraident », laquelle est au cœur de la mission de l’Association des Amputés de guerre, comme on l’explique dans The Fragment à l’annonce du programme :

Les anciens combattants amputés savent qu’en matière d’amputation, rien ne vaut l’expérience personnelle. Nous espérons donc pouvoir mettre notre vécu et nos connaissances au service des civils qui ont ce point en commun avec nous. Pourquoi pas? Aucun autre groupe n’a notre expérience, et nous n’avons jamais été du genre à dire "vous nous devez quelque chose". Nous avons plutôt choisi de croire que c’est nous qui devons quelque chose aux autres, et le Programme de liaisons civiles nous permettra d’agir en ce sens.

1963 : Le prix Sidney junior encourage les enfants amputés à adopter une attitude positive

Harold Roberts, un garçon amputé d’une jambe, porte une jambe artificielle et utilise des barres parallèles pour s’exercer à marcher.

Dans le cadre du nouveau Programme de liaisons civiles, le prix Sidney junior est créé afin de rendre hommage aux jeunes amputés qui font preuve de courage et qui ont une attitude positive. Le prix, baptisé en l’honneur du président de l’association, Sidney Lambert, vise aussi à encourager l’esprit d’entraide entre la jeune génération et les anciens combattants amputés.

Le premier prix Sidney junior est remis à Harold, huit ans, qui a perdu une jambe l’année précédente dans un accident ferroviaire. Harold a été choisi parce qu’avec son « sourire irrésistible, ses réalisations impressionnantes et son esprit enjoué », il saura inspirer d’autres Canadiens qui pourraient du jour au lendemain devoir composer avec la perte d’un membre.

Le Programme LES VAINQUEURS a été créé en 1975 selon les principes du prix Sidney junior. On y retrouve notamment la philosophie fondatrice du « Cercle des Vainqueurs », qui incite les enfants à accepter leur amputation et à adopter une attitude positive face aux défis qu’ils doivent relever.

1964 : Augmentation de la pension pour les amputés de Syme après 40 ans de lutte

À la suite de présentations de l’association devant des comités gouvernementaux, en 1924, le gouvernement du Canada avait établi un barème de pensions fixe pour les amputations. Ce changement s’était révélé bénéfique pour la majorité des adhérents de l’association; toutefois, le taux de pension pour une amputation de Syme (une amputation au niveau de l’articulation de la cheville) passait de cinquante à quarante pour cent.

En raison de cette baisse du taux de pension, non seulement les amputés de Syme recevaient une compensation moindre, mais en outre, ils n’étaient plus admissibles à deux dispositions importantes : l’augmentation de la pension en raison de l’âge, et la protection pour les veuves des pensionnés décédés d’une condition non liée à leur incapacité. En effet, ces deux dispositions ne s’appliquaient qu’à ceux qui étaient pensionnés à plus de 50 %.

Après quarante ans de lutte pour faire augmenter l’évaluation des amputés de Syme, l’Association des Amputés de guerre atteint enfin son but en 1964. Le taux passe de nouveau à 50 % et les amputés de Syme sont admissibles à l’augmentation d’office de la pension à l’âge de 55 ans et à une protection accrue pour leur veuve.

Le livret “Ask the Man Who Has One”

1964 : Publication du livret Amputation - Ask the Man Who Has One

Le livret “Ask the Man Who Has One”

Le livret de l’association intitulé Amputation ‒ Ask the Man Who Has One procure de l’information et des conseils aux personnes qui sont sur le point de subir une amputation ou qui en ont subi une récemment.

Le livret contient des diagrammes et explique sans détour les réalités de l’amputation, sur un ton encourageant et positif. Son titre, qu’on pourrait traduire par « Amputation : Demandez à celui qui sait par expérience», met de l’avant la philosophie qui vaudra à l’Association des Amputés de guerre d’être reconnue comme un centre d’excellence dans les domaines de l’amputation et de la prothétique.

Le Lieutenant-colonel Sidney Lambert et H. Clifford Chadderton

1965 : Cliff Chadderton est nommé chef des services administratifs

En 1965, H. Clifford Chadderton est nommé chef des services administratifs de l’Association des Amputés de guerre. Ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale, il avait perdu une jambe en octobre 1944, lorsqu’il combattait pour libérer l’estuaire de l’Escaut en Belgique et en Hollande.

Le Lieutenant-colonel Sidney Lambert et H. Clifford Chadderton

Comptant parmi les membres de longue date de l’association, Cliff Chadderton a eu pour mentor l’ancien président de l’organisme, Sidney Lambert, et il était très au fait de la situation des amputés de guerre grâce à sa participation active aux actions de l’association. On lui attribue aussi d’être le précurseur du Programme de liaisons civiles en 1962.

Sous la gouverne de Cliff Chadderton, l’association, dont le mandat est jusqu’alors exclusivement axé sur les anciens combattants, deviendra un organisme de bienfaisance représentant toutes les personnes amputées du Canada. Plusieurs programmes, aujourd’hui bien connus, seront établis, notamment LES VAINQUEURS, JOUEZ PRUDEMMENTLes mères solidaires et ENVOL.

Clifford Chadderton saluant de la main

Cliff Chadderton, que beaucoup de Canadiens surnomment « monsieur Vétéran », dirigera l’association pendant quarante-quatre ans, soit de 1965 à 2009. Ardent défenseur des intérêts des anciens combattants, il sera également reconnu pour son rôle influent en tant qu’instigateur de programmes et services novateurs destinés aux amputés de guerre ainsi qu’aux amputés civils, adultes comme enfants.

Bien des années auparavant, en 1939, Cliff Chadderton s’était enrôlé au sein du régiment Royal Winnipeg Rifles, où il était passé de sous-officier à commandant de compagnie. Vétéran du jour J, il perdit une partie de sa jambe droite en 1944. Il commandait alors une compagnie de son régiment qui luttait pour libérer l’estuaire de l’Escaut en Belgique et en Hollande.

Il se joignit à l’Association des Amputés de guerre dès son retour au pays. Très actif en tant que membre de l’organisme, il occupa divers postes avant de devenir chef des services administratifs.

Dans le cadre de ses fonctions, au nom de l’association et du CNAAC, Cliff Chadderton se présentera devant des centaines de comités établis par Anciens Combattants Canada, en quête d’améliorations des régimes de prestations de pension et d’allocations pour les anciens combattants et leur famille, insistant sur l’importance d’accorder la priorité aux vétérans gravement handicapés. Spécialiste de l’histoire et de l’évolution de la législation relative aux anciens combattants au Canada et ailleurs dans le monde, il se présentera également à plusieurs reprises devant des comités de la Chambre des communes et du Sénat, faisant des exposés et formulant des recommandations concernant des modifications législatives visant à améliorer le bien-être des vétérans canadiens.

Cliff Chadderton pose avec ses médailles
Cliff Chadderton avec un enfant
Cliff Chadderton

Il se donnera aussi pour mission de veiller à la préservation de l’intégrité et de la réputation des anciens combattants canadiens, en donnant une voix à leurs préoccupations entourant la controversée série télévisée La bravoure et le mépris et le documentaire sur Billy Bishop, The Kid Who Couldn’t Miss.

Au cours de sa vie, Cliff Chadderton recevra de nombreux honneurs. Il sera fait Compagnon de l’Ordre du Canada; on lui décernera l’Ordre de l’Ontario; il sera intronisé au Temple du courage des anciens combattants et au Temple de la renommée Terry Fox; il sera fait chevalier de l’Ordre de la Légion d’honneur de France; il recevra la Mention élogieuse du ministre des Anciens Combattants, le Prix de la Banque Royale attribué pour une réalisation canadienne et la Médaille du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II.

À ses yeux, sa plus grande réalisation demeurera la création du Programme pour enfants amputés (LES VAINQUEURS). Ce dernier et les autres programmes d’aide aux personnes amputées établis sous sa gouverne constituent son héritage.

Cliff Chadderton s’éteint en 2013, à l’âge de 94 ans. Son décès suscite alors d’innombrables témoignages, partout au pays, notamment dans les réseaux de télévision nationaux et les journaux. Steven Fletcher, alors député, et Julian Fantino, ministre des Anciens Combattants de l’époque, lui rendent hommage à la Chambre des communes, ce qui donne lieu à une ovation de la Chambre. En 2016, un lac situé aux environs du mont Duck, dans le sud-ouest du Manitoba, sa province natale, est nommé lac Chadderton en son honneur.

1965 : Le comité Woods formule des recommandations au sujet des pensions versées aux anciens combattants

Le comité d’enquête sur l’organisation et le travail de la Commission canadienne des pensions, appelé le comité Woods, du nom de son président, est créé en 1965 pour mener une étude exhaustive sur la législation relative aux pensions versées aux anciens combattants.

Présidé par un vétéran de la Seconde Guerre mondiale, le juge Mervyn Woods, le comité se penche sur la Loi sur les pensions et sur le travail de la Commission canadienne des pensions.

Le rapport définitif du comité, produit en trois volumes, fera date et sera reconnu comme la plus importante étude en son genre depuis la Seconde Guerre mondiale. Il présente pour la première fois aux anciens combattants une explication complète et détaillée de pratiquement tous les articles de la Loi sur les pensions et formule 148 recommandations pour améliorer la loi et son application, notamment l’ajout de prestations pour les personnes amputées de plusieurs membres et pour les aidants des vétérans gravement handicapés ainsi que la reconnaissance des incapacités corrélatives.

À la suite des recommandations du comité, des modifications majeures seront apportées à la Loi sur les pensions, ce qui aura pour conséquence d’améliorer la vie des vétérans gravement handicapés et de leur permettre de mieux composer avec leurs incapacités. Cliff Chadderton, secrétaire et directeur administratif du comité, considérera que cette réalisation est l’une des plus importantes de sa carrière.

Comité Woods

1972 : L’association recommande une formation spécialisée pour les « appareilleurs »

Dès 1961, l’association recommandait qu’une formation spécialisée soit donnée, par exemple par des universités reconnues, aux « appareilleurs » (qu’on appelle aujourd’hui prothésistes certifiés) qui travaillaient dans les divers centres de prothétique au Canada. En général, ces appareilleurs étaient eux-mêmes des personnes amputées qui avaient embrassé le métier, mais dont la formation ou les connaissances médicales laissaient à désirer.

Les appareilleurs avaient donc des capacités limitées et l’une des plus grandes difficultés auxquelles se heurtaient les personnes amputées était d’obtenir un bon appareillage ainsi qu’une prothèse fonctionnelle et durable.

L’industrie avait grand besoin de normalisation et de réglementation, ce qui mena à la création en 1972 du Conseil canadien de la certification des prothésistes et orthésistes (qui fusionnera plus tard avec l’Association canadienne des prothésistes et orthésistes pour former Orthèse Prothèse Canada).

1972 : Le Service des étiquettes-adresse est instauré

C’est en 1972 que l’association inaugure le Service des étiquettes-adresse. Celui-ci procure du travail douze mois par année aux personnes handicapées employées à l’atelier protégé. Chaque automne, l’association envoie à ses donateurs des étiquettes-adresse sur le thème de l'hiver autocollantes pour les remercier de leur appui.

Étiquettes-adresse
Cliff avec une Vainqueure

1975 : Le Programme LES VAINQUEURS voit le jour

Cliff avec une Vainqueure

Comme les programmes existants répondent bien aux besoins des anciens combattants amputés, les adhérents de l'association décident de mettre leurs connaissances et leur expérience au service des enfants canadiens qui doivent composer avec une amputation.

Le Programme pour enfants amputés (LES VAINQUEURS) voit le jour dans la lignée du Programme de liaisons civiles et du prix Sidney junior, lequel incite les enfants amputés à être positifs et à faire preuve de persévérance. Grâce au Programme LES VAINQUEURS, les enfants amputés reçoivent les membres artificiels dont ils ont besoin et sont encouragés à adopter la devise des anciens combattants amputés : « C’est ce qui reste qui compte ».

À notre retour de la Seconde Guerre mondiale, tout était là pour nous : un service de prothèses pour les amputés, ainsi qu’une solide organisation pour défendre nos droits. Mais nous nous sommes demandé : "Qu’arrive-t-il lorsqu’un enfant perd un membre? Qui agira au nom des enfants amputés?" Nous avons donc créé le Programme LES VAINQUEURS.

Cliff Chadderton, chef des services administratifs de l’Association des Amputés de guerre

Depuis sa création, le Programme LES VAINQUEURS vient en aide aux enfants amputés, quelle que soit la cause de leur amputation – congénitale, médicale, accidentelle. Aujourd’hui, ce programme offre toujours un éventail de services, notamment de l’aide financière pour l’achat de membres artificiels, des séminaires régionaux et du soutien moral. Le programme repose sur la philosophie du Cercle des Vainqueurs, qui incite les enfants amputés à accepter leur amputation et à adopter une attitude positive face aux défis qu’ils doivent relever.

1975 : L’association se porte à la défense des vétérans gravement handicapés

Cour d’appel fédérale

Dans les années 1970 et 1980, l’association joue un rôle de premier plan en étant l'instigatrice de plusieurs audiences d’interprétation devant le Conseil de révision des pensions, ce qui mène à une interprétation plus libérale de la législation relative aux anciens combattants, et ce, dans diverses catégories d’avantages. Ces changements dans l’interprétation de la Loi sur les pensions améliorent grandement la sécurité financière des anciens combattants gravement handicapés, en particulier les amputés de guerre.

En 1975, l’association porte en appel devant la Cour d’appel fédérale une décision du Conseil de révision des pensions. Cette intervention judiciaire historique aboutit à un jugement marquant qui élimine de la Loi sur les pensions la discrimination envers les vétérans lourdement handicapés en ce qui a trait aux politiques d’augmentation de la pension en fonction de l’âge et du handicap.

En 1980, l’association retourne devant la Cour d’appel fédérale et réussit une fois de plus à élargir considérablement l’interprétation et l’application des dispositions de l’allocation d’incapacité exceptionnelle de la Loi sur les pensions. Ceci mène à une application plus généreuse de l’allocation et à un accès à des catégories d’allocation plus élevées. Ce succès aura un effet bénéfique à vie pour tous les amputés de guerre et les vétérans gravement handicapés du Canada.

Enfin, en 1985, une nouvelle directive concernant l’allocation d’incapacité exceptionnelle est établie grâce aux efforts collaboratifs de la Commission canadienne des pensions et des représentants de l’Association des Amputés de guerre, à savoir son chef des services administratifs, Cliff Chadderton, et son conseiller juridique, Brian Forbes. Cette directive continue aujourd’hui d’apporter de meilleurs avantages aux amputés de guerre et elle constitue une part intégrale de l’enveloppe financière de la Loi sur les pensions en ce qui concerne les vétérans gravement handicapés.

1976 : Karl Hilzinger devient conseiller sportif pour le Programme LES VAINQUEURS

Karl enseignant le ski

Karl Hilzinger, surnommé Karlo, athlète de la Ligue canadienne de football pendant dix ans et adepte de ski et de golf après la saison de football, a perdu ses deux jambes au-dessus des genoux dans un accident de la route en 1964. Une fois rétabli, Karl est déterminé à trouver de nouvelles façons de pratiquer les activités qu’il aime et devient un pionnier du sport chez les personnes amputées. Il conçoit lui-même ses prothèses et met au point des techniques qui vont lui permettre de poursuivre ses passions.

En 1976, Karl se joint à l’Association des Amputés de guerre à titre de conseiller sportif. Inspiré par la devise des anciens combattants amputés selon laquelle « c’est ce qui reste qui compte », il décide de l’adopter.

Fidèle à la philosophie « les amputés s’entraident », Karl transmet son amour du sport à des Vainqueurs de partout au Canada en assistant aux séminaires LES VAINQUEURS et en donnant des cours de golf et de ski. C’est l’un de ces cours que l’on voit dans le film Par-delà les pentes, dans lequel Karl enseigne le ski à un groupe de jeunes Vainqueurs à Mont-Tremblant. Cette vidéo inspirante incite d’autres Vainqueurs à se lancer dans la pratique du ski alpin, un sport qui comporte bien des défis.

En vedette dans des messages d’intérêt public de l’Association des Amputés de guerre, Karl est devenu le « skieur au costume argenté ». Il est décédé le 15 décembre 1988, mais son attitude positive et sa détermination inspirent encore les Vainqueurs aujourd’hui.

1976 : Le char allégorique de l’association se met en route

Le char allégorique de l’Association des Amputés de guerre

Grâce à sa relation continue avec son conseiller sportif, Karl Hilzinger, un ancien joueur de la Ligue canadienne de football, l’association fait défiler son premier char allégorique à l’occasion du défilé de la Coupe Grey, en 1976. Des Vainqueurs de chacune des provinces y figurent aux côtés de Karl.

Le char allégorique de l’Association des Amputés de guerre

La participation de l’association à ce défilé devient une tradition annuelle et contribue à la création d’un message de prudence transmis d’enfant à enfant. Par la suite, en 1978, avec le lancement officiel du Programme JOUEZ PRUDEMMENT, le char allégorique de l’association devient un élément porteur de ce message et figure dans de nombreux défilés d’un bout à l’autre du pays. En 2023, nous avons dû retirer les défilés de nos activités, mais les générations de Vainqueurs qui ont pris part à ces derniers s'en souviendront avec émotion.

Le char allégorique de l’Association des Amputés de guerre

1977 : L’Association des Amputés de guerre est représentée au conseil d’administration de la Société internationale de prothèse et orthèse

Des représentants de l’Association des Amputés de guerre assistaient au congrès de la Société internationale de prothèse et orthèse (ISPO) depuis 1963. Cette société est composée de divers professionnels de la santé qui œuvrent dans les domaines de la prothétique et de l’orthétique, notamment des chirurgiens, des prothésistes et des physiothérapeutes.

Au congrès de 1977, l’association présente l’article Prothèses, douleur et séquelles de l’amputation, telles que vues par la personne amputée, qui donne le point de vue unique de l’utilisateur à ce groupe de professionnels de la santé. Pour illustrer avec exactitude les besoins des personnes amputées, l’association avait mené une étude auprès de 19 organisations d’anciens combattants, dans 14 pays.

Résultat de cette impressionnante présentation : le chef des services administratifs de l’Association des Amputés de guerre, Cliff Chadderton, est nommé au conseil d’administration de cette société.

1977 : Lancement du film Prosthetics – Yes… Bionics – Maybe!!

Après le congrès international de prothétique, l’Association des Amputés de guerre lance un film intitulé Prosthetics – Yes… Bionics – Maybe!!, qui parle des activités du congrès et fait le point sur la prothétique. En produisant ce film, l’association veut s’assurer que l’information de partout dans le monde au sujet des nouveautés en matière de technologie prothétique est transmise ici afin d’améliorer la prothétique pour les Canadiens amputés. On peut y voir des entrevues avec des chefs de file de l’industrie et on y découvre la dernière technologie, celle qui se rapproche le plus du biomimétisme, aussi appelé bionique : les mains et bras myoélectriques.

Le film présente un grand intérêt non seulement pour les personnes amputées et leur famille, mais aussi pour le grand public. À cette époque, on voit beaucoup de portraits irréalistes de la technologie prothétique dans des émissions de télévision populaires et au cinéma. Le film Prosthetics – Yes… Bionics – Maybe!! donne l’heure juste aux spectateurs à propos de la technologie disponible. Comme on l’expliquait dans The Fragment :

Il ne faut pas blâmer un public conditionné par la télévision s’il en est venu à croire que les miracles existent. Quand on prononce le mot "amputation", le public pense tout de suite au biomimétisme.

1978 : 1978 : Naissance du Programme JOUEZ PRUDEMMENTMC, axé sur l’approche « d’enfant à enfant »

Devant le grand nombre d’enfants inscrits au Programme LES VAINQUEURS parce qu’ils ont perdu un membre en raison d’un accident survenu pendant qu’ils jouaient, l’association crée le Programme JOUEZ PRUDEMMENT. Celui-ci vise à faire prendre conscience aux enfants des dangers présents dans leur environnement à l’aide d’une approche « d’enfant à enfant ». En donnant des présentations dans leur école, en tenant des kiosques, en prenant part à des événements et en participant à des messages d’intérêt public  à l’échelle du pays, les Vainqueurs demandent aux autres enfants de repérer les dangers avant de commencer à s’amuser.

1980 : Armand Viau devient le conseiller en prothétique de l’association

Armand Viau - conseiller en prothétique

Toujours dans le but de fournir à ses adhérents de l’information actuelle et des ressources utiles, l’association engage le prothésiste Armand Viau comme conseiller en 1980.

Avec beaucoup de générosité, monsieur Viau offrait déjà bénévolement ses précieux conseils à l’association depuis 1972 mais, en 1980, les besoins sont devenus tels que l’organisme décide d’officialiser son partenariat avec lui afin que les adhérents puissent avoir recours à ses services selon leurs besoins.

Au fil des ans, monsieur Viau devient un collaborateur essentiel, assistant fréquemment aux séminaires LES VAINQUEURS pour transmettre de l’information et répondre aux questions et préoccupations des Vainqueurs et de leur famille.

Monsieur Viau a été l’un des grands spécialistes de la prothétique au pays. Il avait son propre atelier de prothétique et a apporté de nombreuses innovations dans ce domaine, dont ont pu profiter les personnes amputées du Canada et d’ailleurs dans le monde. En outre, monsieur Viau a fondé l’Association canadienne des prothésistes et orthésistes, dont il a été le premier président, et a créé le premier conseil de certification.

Terry Fox

Photo : ©Ross Dunn

1980 : L’Association des Amputés de guerre aux côtés de Terry Fox

Terry Fox

Photo : ©Ross Dunn

Quand Terry Fox court son Marathon de l’espoir à travers le Canada, sa jambe artificielle est mise à rude épreuve. Lorsqu’il arrive à la rivière des Outaouais, sa jambe le fait beaucoup souffrir. L’association intervient alors en le dirigeant vers son conseiller en prothétique, Armand Viau, qui l’appareille avec une nouvelle jambe artificielle et une jambe de rechange, toutes les deux offertes par l’organisme.

1981 : Tenue du premier Séminaire LES VAINQUEURS

C’est en mai 1981, à Burlington, en Ontario, que le premier Séminaire LES VAINQUEURS a lieu. Les participants assistent à différentes séances, dont une donnant des conseils aux parents et une autre portant sur la prothétique. Des périodes de jeux et d’apprentissage sont aussi organisées pour les Vainqueurs.

Les séminaires ont pris de l’ampleur au fil du temps et, de nos jours, plusieurs séminaires régionaux ont lieu chaque année dans différentes villes du pays. Le principe de mentorat entre les Vainqueurs, les plus vieux conseillant les plus jeunes, a été instauré dès le début dans l’esprit de la tradition « les amputés s’entraident ».

Les séminaires permettent également de renforcer chez les enfants amputés la philosophie du Cercle des Vainqueurs, qui encourage ces derniers à accepter leur amputation et à adopter une attitude positive devant les obstacles qu’ils rencontrent.

Premier Séminaire LES VAINQUEURS

Depuis le premier séminaire, le Programme LES VAINQUEURS a contribué à rassembler les enfants amputés et leur famille partout au pays. Pour bon nombre de Vainqueurs, un séminaire est la première occasion de rencontrer d’autres personnes amputées. Il s’agit d’une expérience marquante, car les Vainqueurs et leurs parents apprennent qu’ils ne sont pas seuls à devoir composer avec l’amputation.

1981 : Lancement du Programme INFO-INDEMNITÉ

Le Programme INFO-INDEMNITÉ est créé dans le but d’offrir de l’information juridique et du soutien aux familles des Vainqueurs qui ont été blessés par suite d’un acte fautif et pour lesquels une réclamation pour dommages est possible.

À l’association, on constate qu’il était fréquent que des parents ne connaissent pas bien leurs droits. Le principal objectif du programme est donc d’offrir de l’information aux parents et à leurs avocats. En outre, à l’occasion, Cliff Chadderton est appelé à témoigner devant des tribunaux de partout au Canada, à titre d’expert au sujet des questions touchant l’amputation.

Au fil du temps, la réputation de l’association a pris de l’ampleur à l’échelle nationale, et de plus en plus de familles ont frappé à sa porte pour obtenir de l’aide et des renseignements. En 1984, l’organisme recevait fréquemment des appels de cabinets juridiques qui représentaient des clients amputés; ceux-ci estimaient que les renseignements statistiques de l’association étaient très précieux pour assurer à leur cas une issue positive.

Le Programme INFO-INDEMNITÉ a poursuivi sa croissance et est par la suite devenu Équité pour les personnes amputées, un programme qui existe toujours aujourd’hui.

1982 : L’association ouvre un bureau au Québec

Le siège social de l’Association des Amputés de guerre étant à Ottawa et son Service des plaques porte-clés, à Toronto, un bureau est implanté au Québec en 1982 afin de mieux répondre aux besoins de la population de la province. L’ouverture de ce bureau permettra à l’association de joindre un plus grand nombre de francophones et de leur offrir ses programmes et services, notamment le Programme LES VAINQUEURS, dans le cadre duquel un séminaire annuel et d’autres activités seront organisés. À ce jour, le bureau du Québec continue d’offrir des services aux donateurs ainsi que des programmes à l’intention des personnes amputées.

1983 : Début d’une tradition entre l’association et la LCF

L’Association des Amputés de guerre et la Ligue canadienne de football (LCF) donnent le coup d’envoi à une tradition toute particulière : le prix JOUEZ PRUDEMMENT, qui salue le soutien de la LCF au Programme JOUEZ PRUDEMMENT. Cette collaboration prend la forme d’un message d’intérêt public annuel. Le premier MIP est diffusé lors de la transmission de la finale de la Coupe Grey se déroulant à Vancouver. On estime que ce message a été vu dans les trois quarts des foyers du pays. Le Vainqueur Shawn, un garçon de dix ans amputé d’un bras, y est mis en vedette aux côtés de l’ancienne étoile de la LCF Karl Hilzinger, lui aussi amputé, et du commissaire de la Ligue canadienne de football, Jake Gaudaur.

À l’époque, Cliff Chadderton, chef des services administratifs, s’était déjà lié d’amitié avec Jake Gaudaur, un ancien combattant comme lui. En tant que commissaire, Jake Gaudaur s’intéressera personnellement à cette collaboration et soutiendra le message JOUEZ PRUDEMMENT. Il ira périodiquement voir les enfants amputés qui participent aux défilés de la Coupe Grey, et les invitera aux matchs. De nos jours, ce lien étroit qui s’est tissé entre l’association et la LCF demeure solide.

Au fil du temps, bon nombre d’étoiles de la LCF ont aidé les Vainqueurs à transmettre le message JOUEZ PRUDEMMENT, notamment Doug Flutie, Miles Gorrell, Pierre Vercheval, Mike O’Shea, Milt Stegall et Ben Cahoon, tous membres du Temple de la renommée. Chaque année, un nouveau message d’intérêt public est diffusé en première à l’Action de grâce, pendant la transmission des matchs de football sur TSN ou RDS, puis durant les séries éliminatoires et la finale de la Coupe Grey, qui attire des millions de téléspectateurs d’un océan à l’autre.

Visionner d’autres messages JOUEZ PRUDEMMENT – LCF.

1983 : L’association soutient la recherche sur les pieds artificiels pour enfants

Conformément à l’engagement pris envers les enfants amputés par l’intermédiaire du Programme LES VAINQUEURS, l’association soutient la recherche, le développement et l’essai pratique de pieds artificiels pour enfants.

L’association voit bien qu’il est nécessaire d’adapter les membres artificiels aux besoins particuliers des enfants amputés. En effet, avant 1983, les pieds artificiels qui leur étaient destinés étaient essentiellement des répliques en miniature des modèles pour adultes. Ils ne tenaient pas compte des besoins des enfants, de leurs activités et de leur poids.

1984 : Entrée en scène d’ASTAR, le symbole de la sécurité

Un dessin d’ASTAR le représentant entouré de machines, de perceuses et de fils électriques.

Dans les années 1980 et au début des années 1990, les enfants qui regardent les dessins animés du samedi matin connaissent bien ASTAR, le robot doré qui provient de la planète Danger. Vedette d’un message d’intérêt public (MIP) sur la sécurité, destiné aux enfants, ASTAR est créé en 1984 pour plaire aux jeunes, déjà captivés par les séries de science-fiction. Dans ce MIP, ASTAR vole, virevolte et fait des pirouettes, esquivant habilement de dangereuses machines en mouvement, des perceuses et des fils, jusqu’à ce que la lame d’une scie tranche son bras, qui est projeté dans une explosion de fumée et d’étincelles. Après avoir replacé son bras, il lance un message percutant : « Je suis ASTAR, un robot. Moi, je peux remettre mon bras, vous pas. JOUEZ PRUDEMMENT. » ASTAR a laissé un souvenir impérissable à une génération d’enfants qui ont grandi avec ce MIP, dont les effets spéciaux ont aussi suscité un grand intérêt auprès des adultes, qui se demandaient comment ils avaient été réalisés, en particulier la prestation d’ASTAR. Personnage mémorable, ASTAR fait bel et bien partie de la culture populaire du Canada.

1984 : Création du Programme Les mères solidaires

Le Programme Les mères solidaires est instauré après que la mère d’un Vainqueur eut confié à Cliff Chadderton que lorsqu’elle avait appris l’amputation de son enfant, elle aurait bien aimé avoir les conseils d’une autre mère ayant déjà vécu la même chose.

Nous avons écouté et, rapidement, nous avons créé Les mères solidaires dans le cadre du Programme LES VAINQUEURS. Maintenant, lorsque survient une naissance ou un accident impliquant la perte ou l’absence d’un membre, nous organisons un jumelage, et la mère reçoit la visite de quelqu’un qui a appris à vivre avec la situation.

Cliff Chadderton

Nous avons écouté et, rapidement, nous avons créé Les mères solidaires dans le cadre du Programme LES VAINQUEURS. Maintenant, lorsque survient une naissance ou un accident impliquant la perte ou l’absence d’un membre, nous organisons un jumelage, et la mère reçoit la visite de quelqu’un qui a appris à vivre avec la situation.

Cliff Chadderton

Le Programme Les mères solidaires rapproche les familles, de sorte que les nouveaux Vainqueurs et leurs parents reçoivent de l’information et du soutien, ce qui les aide à envisager l’avenir avec optimisme.

1984 : Publication du premier magazine LES VAINQUEURS

Le Magazine LES VAINQUEURS
Le bulletin LES VAINQUEURS

Nous sommes en 1984 et, depuis la création du Programme LES VAINQUEURS, en 1975, le nombre d’adhérents a considérablement augmenté. L’association doit trouver de nouvelles façons de favoriser la communication avec les familles des Vainqueurs. Le magazine LES VAINQUEURS est alors créé. Ce magazine, qui deviendra plus tard le bulletin LES VAINQUEURS, vise à informer les familles des activités du Programme pour enfants amputés, à les renseigner sur les nouveautés en matière de prothétique ainsi qu’à leur transmettre de l’information pertinente sur l’amputation.

Aujourd’hui, le bulletin LES VAINQUEURS demeure une ressource précieuse qui permet aux familles de garder le contact. De plus, il est une grande source d’encouragement pour les jeunes amputés, car ces derniers peuvent y lire les réalisations d’autres enfants qui leur ressemblent.

1985 : Lancement de la série vidéo JAMAIS PLUS LA GUERRE!

Cliff Chadderton, chef des services administratifs, est allé à la rencontre d’associations d’anciens combattants et s’est rendu dans des cimetières militaires partout dans le monde. C’est ce qui lui a inspiré la série JAMAIS PLUS LA GUERRE! En effet, à la suite de son expérience, il s’est aperçu que nous avions besoin d’un programme pour honorer ceux qui ont servi leur pays et pour dissiper les mythes véhiculés par Hollywood dans des films qui glorifient la guerre.

Les vidéos de cette série visaient à renseigner les jeunes au sujet des horreurs des conflits armés, à leur raconter des expériences vécues par des anciens combattants et à leur rappeler les sacrifices des soldats canadiens.

La série de vidéos comptant d’abord quatre volets a été enrichie et est devenue une collection comprenant une trentaine de documentaires portant sur l’héritage militaire canadien. Ces productions ont été diffusées par des chaînes communautaires d’un bout à l’autre du pays. Présentés par Cliff Chadderton, tous ces documentaires contiennent bon nombre de séquences d’archives.

1986 : Repérer les dangers grâce à LA MARCHE AXÉE SUR LA PRUDENCEMC

En 1986, l’association lance LA MARCHE AXÉE SUR LA PRUDENCE, une initiative du Programme JOUEZ PRUDEMMENT qui vise à montrer aux enfants les dangers potentiels dans leur voisinage. En prenant le temps d’observer leur environnement immédiat du point de vue des enfants, les adultes peuvent enseigner aux jeunes à reconnaître les dangers et à éviter les accidents et les blessures.

Ce programme a été inspiré par une lettre publiée dans un journal, dans laquelle un père décrivait l’accident mortel de son fils causé par des lignes électriques. Il confiait : « Il est trop tard pour Shawn, mais j’implore tous les parents : s’il vous plaît, repérez les dangers dans votre voisinage. Faites la marche que j’ai omis de faire. »

Le logo PRUDENCE AU VOLANT

1987 : Les enfants amputés conseillent aux adultes de faire preuve de PRUDENCE AU VOLANTMC

Le logo PRUDENCE AU VOLANT

Constatant que l’amputation de plusieurs Vainqueurs est attribuable à des accidents de la route qui auraient pu être évités, l’association lance PRUDENCE AU VOLANT, un message que les jeunes amputés adressent aux conducteurs afin de faire la promotion de la conduite sécuritaire.

L’association diffuse son message en offrant de l’information sur la conduite préventive ainsi qu’un autocollant PRUDENCE AU VOLANT que l’on peut apposer sur la vitre arrière d’un véhicule. Ce message figure aussi sur toutes les plaques porte-clés de l’organisme.

1987 : Formation du Groupe de travail sur la thalidomide

Groupe de travail sur la thalidomide

La thalidomide, un médicament prescrit au Canada au début des années 1960 pour traiter la nausée et l’insomnie chez les femmes enceintes, a eu des effets secondaires tragiques. En effet, des malformations ou l’absence de membres, de la surdité, des cardiopathies et d’autres anomalies sont apparues chez quelque 120 bébés dont la mère avait pris le médicament.

En 1987, l’Association des Amputés de guerre forme le Groupe de travail sur la thalidomide, qui se penchera sur les besoins des victimes canadiennes de la thalidomide. Présidé par Cliff Chadderton, chef des services administratifs de l’association, le groupe publie un rapport, en 1989, dans lequel il fait valoir que le gouvernement fédéral a la responsabilité de dédommager les victimes. Ce rapport exhaustif souligne les faux pas du gouvernement, notamment en ce qui a trait à son processus de sélection des nouveaux médicaments, à son inaction devant les premières preuves des effets indésirables de la thalidomide ainsi qu’à sa lenteur à retirer le médicament du marché.

Brian Forbes, conseiller juridique de l’association, représente les victimes de la thalidomide du Canada dans une requête au Comité des droits de l’homme des Nations Unies, exposant à un niveau international le manquement du gouvernement du Canada, afin de contraindre ce dernier à reconnaître la réclamation. En fin de compte, après de longues négociations, un dédommagement est accordé aux victimes de la thalidomide, en 1990, et le gouvernement du Canada verse des sommes forfaitaires allant de 52 000 $ à 82 000 $. L’association considère alors ce dédommagement comme un point de départ et soutient que le gouvernement se doit de répondre aux besoins futurs des victimes, y compris sur le plan financier.

Vingt-quatre ans plus tard, le gouvernement du Canada consentira au versement de 125 000 $ en paiements forfaitaires. En 2015, le gouvernement annoncera aussi le versement de pensions annuelles pouvant aller jusqu’à 100 000 $, selon le degré d’invalidité – une percée majeure dans cette dure lutte.

1987 : L’esprit olympique incarné dans Les Vainqueurs de Nakiska

Dans ce film produit par l’Association des Amputés de guerre, dix-sept enfants amputés, venant de partout au Canada, sont réunis pour former l’équipe de ski des Vainqueurs et dévaler les pentes de la station Nakiska, dans les Rocheuses albertaines, là où les épreuves alpines des Jeux olympiques d’hiver de Calgary auront lieu l’année suivante. Les Vainqueurs, d’âges et d’habiletés variés, sont dirigés par Karl Hilzinger, conseiller sportif du Programme LES VAINQUEURS depuis 1976. Le film présente des membres artificiels innovateurs conçus pour les jeunes skieurs et un dispositif pour les personnes âgées amputées d’une jambe mis au point par Cliff Chadderton.

Il ne s’agit pas seulement d’un film sur le ski. Dans la scène finale, les skieurs portent sur leurs vêtements des lettres formant les mots « CHAMP » (LES VAINQUEURS) et « NEVER AGAIN » (JAMAIS PLUS LA GUERRE). Les skieurs qui forment le mot « CHAMP » représentent le principe olympique de l'atteinte de l’excellence par la détermination. L’expression « NEVER AGAIN » rappelle l’engagement de l’Association des Amputés de guerre à transmettre le message du Souvenir tout en faisant écho au véritable esprit olympique – à savoir, propager l’amitié et promouvoir la paix ainsi que la compréhension entre les nations en réunissant des athlètes de tous les pays.

L’équipe de ski retournera à Nakiska l’année suivante pour participer à la cérémonie d’ouverture des épreuves féminines de ski. Menés par Karl et le jeune Vainqueur Chris Koch, né sans bras ni jambes, les Vainqueurs descendront la montagne en serpentant. Une prestation qui inspirera des milliers de spectateurs.

1989 : L’Association des Amputés de guerre reçoit le statut d’ONG auprès de l’ONU

Tout en livrant ses batailles pour l’indemnisation des victimes canadiennes de la thalidomide et des anciens prisonniers de guerre canadiens en Extrême-Orient, l’association obtient le statut consultatif aux Nations Unies (ONU) à titre d’organisation non gouvernementale (ONG). Les ONG acquièrent ce statut si elles œuvrent dans le domaine des droits de la personne et luttent contre les violations de ces droits et des libertés fondamentales. Ce statut permet à l’association d’aider les personnes amputées à l’échelle internationale et de présenter, au besoin, des mémoires aux organismes responsables des droits de l’homme à l’ONU.

Il est accordé aux organisations qui possèdent des connaissances spécialisées dans un domaine, lesquelles pourraient être utiles au Conseil économique et social de l’ONU. En tant qu’organisme de défense des droits des personnes handicapées depuis près de soixante-dix ans au moment du dépôt de sa candidature, l’Association des Amputés de guerre est très bien placée pour offrir cette aide.

L’équipe de délégués mandatée par l’Association des Amputés de guerre est composée de John Humphrey, corédacteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme, du Dr Gustave Gingras, président honoraire de la Fondation canadienne des droits de la personne et spécialiste de la réadaptation reconnu mondialement, de Brian Forbes, conseiller juridique de l’association et ardent défenseur des questions relatives au droit international et aux droits de la personne, ainsi que de Cliff Chadderton, chef des services administratifs de l’association.

1991 : Les Vainqueurs reprennent le flambeau du Souvenir

Événement commémoratif

Le succès de la série de documentaires JAMAIS PLUS LA GUERRE!, créée pour dissiper les mythes véhiculés par Hollywood dans des films qui glorifient la guerre, inspire un nouveau programme : Opération « héritage ».

Dans le cadre de celui-ci, des Vainqueurs perpétuent le message des amputés de guerre sur les horreurs de la guerre. Ils participent à des dépôts de couronnes, à des cérémonies à la chandelle et à d’autres événements commémoratifs. De plus, ils sensibilisent le public en animant des présentations, en tenant des kiosques et en envoyant des lettres aux journaux locaux et nationaux.

Ayant adapté la devise des vétérans, « Ce fut notre guerre; c’est maintenant leur héritage » les Vainqueurs adoptent la suivante : « Ce fut leur guerre; c’est maintenant notre héritage. »

1991 : ENVOL répond aux besoins des enfants ayant plusieurs amputations

Une Vainqueure utilisant un ordinateur

Au début des années 1990, reconnaissant l’ordinateur personnel comme « élément égalisateur » pour les enfants ayant plusieurs amputations ou des amputations hautes, l’association commence à leur offrir de l’aide financière pour l’achat d’ordinateurs et d’appareils auxiliaires dans le cadre d’un nouveau programme nommé ENVOL.

Le fait d'avoir des outils pédagogiques, un ordinateur et une imprimante permet aux jeunes amputés de plusieurs membres de tenir le rythme à l’école, en particulier pour la rédaction de leurs travaux. En outre, le fait de leur offrir très tôt de la formation informatique améliore leurs possibilités d’emploi futures et leur autonomie à l’âge adulte.

Des séminaires destinés aux Super Vainqueurs sont également instaurés pour répondre aux besoins particuliers de ces enfants. On y offre des séances spécialement conçues pour eux et du contenu non couvert dans les séminaires réguliers.

Aujourd’hui, ces séances sont intégrées aux séminaires LES VAINQUEURS, qui ont lieu partout au pays. Elles procurent de l’information pertinente aux Super Vainqueurs et à leur famille et répondent à leurs besoins spécifiques.

1995 : La nouvelle catégorie « vétérans gravement handicapés » est reconnue par ACC

L’Association des Amputés de guerre, représentée par Cliff Chadderton, chef des services administratifs, et Brian Forbes, conseiller juridique de l’organisme, obtient une amélioration majeure auprès d’Anciens Combattants Canada. En effet, elle réussit à faire ajouter une nouvelle catégorie, « vétérans gravement handicapés », dans les lois, règlements et politiques du Ministère, un changement qui profite encore aujourd’hui aux amputés de guerre.

Ce changement reconnaît une catégorie spécifique aux vétérans qui reçoivent une pension d’invalidité à un taux de plus de soixante-dix-huit pour cent (dans les faits, tous les amputés de guerre), ce qui les rend automatiquement admissibles aux avantages de soins de santé et de soins de longue durée comme conséquence de leurs affections, qu’elles ouvrent droit à pension ou non. ACC reconnaît donc désormais que l’interaction entre l’amputation et les autres affections donnant droit et ne donnant pas droit à pension produit un effet d’accumulation sur l’invalidité du vétéran.

Depuis plus de vingt ans maintenant, cette catégorie spécifique a une incidence extrêmement positive, car elle garantit que les amputés de guerre obtiennent sans délai les avantages auxquels ils ont droit alors qu’ils sont confrontés aux ravages de l’âge et qu’ils ont besoin de plus de soutien.

1996 : Entrée de l’Association des Amputés de guerre dans l’ère numérique

En tant que centre d’excellence dans le domaine de l’amputation et de source d’information fiable et à jour sur les technologies prothétiques, il était normal que l’association fasse son entrée sur le Web afin de rendre ses nombreuses ressources plus accessibles au grand public. De nos jours, son site contient une mine de renseignements sur tous les aspects du quotidien d’une personne amputée, y compris la prothétique, les saines habitudes de vie, la douleur au membre fantôme, les niveaux d’amputation et les termes techniques importants. Il est également un outil essentiel pour le public, lui permettant d’en apprendre plus sur les programmes de l’association, de commander des plaques porte-clés ou de faire un don.

1998 : Indemnité accordée aux anciens prisonniers de guerre d’Extrême-Orient

En 1987, l’association a entrepris une bataille qui allait durer onze ans afin que les anciens combattants canadiens qui avaient subi des atrocités commises sous l’autorité du gouvernement japonais pendant la Seconde Guerre mondiale soient indemnisés.

L’association a exploré plusieurs avenues pour obtenir une indemnisation. Le gouvernement japonais a éludé la demande, faisant valoir que la signature de l’accord de paix en 1952 entre le Canada et le Japon invalidait la réclamation. En 1987, la Commission des droits de l’homme des Nations Unies a conclu que la question ne relevait pas de sa compétence.

En 1993, Brian Forbes, le conseiller juridique de l’association, s’est présenté devant le Comité des droits de l’homme de l’ONU, cette fois pour obtenir réparation du gouvernement du Canada. La stratégie était de provoquer un sentiment de honte pour obliger les gouvernements japonais et canadien à tenir compte de la réclamation en exposant devant un tribunal international leur échec à reconnaître les sérieuses dérogations à la Convention de Genève, les mauvais traitements, la torture et les graves violations des droits humains dont avaient souffert les anciens combattants de Hong Kong.

Dans sa demande de 1993, l’Association des Amputés de guerre faisait valoir que le gouvernement canadien avait contrevenu au droit international en omettant de protéger les intérêts des anciens prisonniers de guerre et avait été négligent dans son refus d’appuyer la revendication auprès du gouvernement japonais. À l’instar de son homologue nippon, le gouvernement du Canada soutenait que le différend avait été réglé à la signature du traité de paix de 1952. Le comité de l’ONU a finalement conclu qu’il ne pouvait donner suite à la demande, parce que toutes les solutions possibles n’avaient pas été explorées à l’échelle nationale.

Ainsi, l’Association des Amputés de guerre a présenté plusieurs mémoires à divers comités parlementaires. Finalement, en 1996, le Comité des affaires étrangères a joué un rôle majeur. En effet, il a soumis un rapport au ministre des Anciens Combattants dans lequel il recommandait au gouvernement de verser des indemnités et de demander ensuite un remboursement au gouvernement du Japon.

Le 11 décembre 1998, le gouvernement canadien verse enfin les indemnités pour des motifs humanitaires; chaque ancien combattant de Hong Kong ou sa veuve a reçu 24 000 $. Quelque 350 des 1300 anciens prisonniers de guerre, ainsi que 500 veuves sont encore en vie.

En 2011, les anciens prisonniers de guerre d’Extrême-Orient recevront les excuses tant attendues du gouvernement japonais pour les abus et les violations des droits de la personne qu’il avait commis pendant la Seconde Guerre mondiale.

1999 : Établissement du Centre d’information pour les personnes amputées

Brochures

Possédant des dizaines d’années d’expérience en matière de soutien aux Canadiens amputés, l’association ouvre officiellement le Centre d’information pour les personnes amputées afin d’offrir aux amputés et à leur famille une source fiable et accessible de renseignements à jour.

Gratuite, pratique et facile à comprendre, l’information offerte est recueillie au cours de colloques sur la prothétique, lors de contacts directs avec des fabricants et des professionnels de l’orthétique et de la prothétique, ou encore tirée de revues médicales ou d’articles.

L’expertise de l’Association des Amputés de guerre, en sa qualité de centre d’excellence dans le domaine de l’amputation et de la prothétique au Canada, est également cruciale pour le gouvernement et les organismes qui assurent la prestation de soins et de services aux personnes amputées. Ces organismes comptent sur les connaissances de l’association pour prendre des décisions éclairées.

Puisqu’elle n’est ni une entreprise de prothétique ni un groupe de professionnels de la santé, l’association apporte une perspective unique et objective sur les enjeux du quotidien des personnes amputées, laquelle reflète ainsi véritablement leurs besoins individuels. L’organisme défend avec ferveur les intérêts de tous les Canadiens amputés.

2000 : Versement d’une indemnité aux anciens combattants de la marine marchande en reconnaissance des avantages perdus

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les membres de la marine marchande canadienne ont transporté des troupes, des munitions, du carburant et des marchandises essentielles de toutes sortes. En plus de devoir confronter des dangers inhérents aux déplacements maritimes, les navires de la marine marchande étaient la cible des sous-marins, contre-torpilleurs et aéronefs ennemis ainsi que de pilleurs armés. Les pertes étaient nombreuses : un marin marchand sur sept mourait en service.

Marine marchande

Au terme de la guerre, malgré ses déclarations voulant que la contribution de la marine marchande ait été équivalente à celle des forces armées, le gouvernement canadien n’a pas reconnu les marins marchands comme des anciens combattants, leur refusant ainsi tout avantage.

Les anciens membres de la marine marchande ont finalement reçu le statut officiel d’ancien combattant – et les avantages afférents – en 1992, mais cette reconnaissance n’a pas remédié à la perte des avantages auxquels ils auraient eu droit de 1945 à 1992.

À la suite d’intenses négociations avec le gouvernement et les principaux intervenants auprès des vétérans, en 1997, l’Association des Amputés de guerre a soumis un mémoire au Sous-comité sénatorial des anciens combattants, demandant que les anciens combattants de la marine marchande soient entièrement indemnisés pour les avantages qu’ils auraient dû recevoir entre 1945 et 1992.

Une pleine indemnisation n’a pas été accordée, mais, en 2000 et en 2001, le gouvernement annonce qu’il versera un total de plus de 100 millions de dollars aux anciens combattants canadiens de la marine marchande et aux épouses survivantes en reconnaissance des avantages non reçus pendant toutes ces années.

2001 : Plaidoyer pour les veuves d’anciens combattants gravement handicapés

Sachant que l’amputation affecte toute la famille, et particulièrement l’épouse d’un amputé de guerre, l’association soutient depuis longtemps que la veuve d’un ancien combattant gravement handicapé qui recevait la pension et les prestations maximales en vertu de la Loi sur les pensions devrait recevoir le revenu mensuel que son mari aurait reçu s’il lui avait survécu. À l’époque, les pressions financières étaient énormes pour les femmes dans cette situation, puisque leur revenu chutait considérablement à la mort de leur mari. En effet, le taux de base était réduit et les prestations du mari disparaissaient.

Veuves

Même si c’était le mari qui vivait avec un handicap, sa femme consacrait beaucoup de temps à lui prodiguer des soins. En reconnaissance de ces aidantes naturelles, l’Association des Amputés de guerre a porté cet enjeu devant Anciens Combattants Canada (ACC), la Commission canadienne des droits de la personne et les cours supérieures de l’Ontario. L’association lance ensuite une vaste pétition pancanadienne pour enjoindre au Parlement de réparer cette injustice.

À la suite de cette longue démarche à travers l’appareil judiciaire, l’association entreprend d’importantes négociations avec ACC. Finalement, en 2003, le ministre des Anciens Combattants annoncera que les veuves des anciens combattants morts le ou après le 13 mai 2003 auront des prestations en leur nom propre du Programme pour l’autonomie des anciens combattants, qui fournit des services d’entretien du terrain et d’entretien ménager. Toutefois, les veuves des anciens combattants morts avant cette date n’auront pas droit au même soutien. L’association, qui lutte pour que les veuves d’anciens combattants gravement handicapés aient toutes droit aux mêmes avantages, s’opposera avec véhémence à ce système à deux vitesses. Finalement, ses efforts porteront leurs fruits, et la Chambre des communes amendera la motion en octobre 2003, pour supprimer la disposition qui excluait certaines veuves.

2002 : Dépôt d’une réclamation à l’ONU au nom des anciens combattants autochtones

Au moins 4000 membres des Premières Nations du Canada se sont portés volontaires pour servir le pays au cours de la Première Guerre mondiale, plus de 3000 pendant la Seconde et plusieurs centaines durant la guerre de Corée. Parmi ces soldats, quelque 500 ont perdu la vie au cours de ces conflits. Et ces chiffres n’incluent pas les Inuits, les Métis et les Indiens non inscrits qui ont contribué aux efforts de guerre du pays.

Ces anciens combattants ont peut-être bénéficié des programmes de réadaptation après la guerre pour avoir combattu aux côtés de leurs camarades non autochtones, toutefois les mesures de réadaptation ne tenaient pas compte de la situation particulière des peuples autochtones au Canada, et les membres de ces communautés n’ont pu avoir accès à la formation professionnelle, à la propriété des terres, aux études postsecondaires, à l’embauche préférentielle et aux primes offertes aux propriétaires d’entreprises.

Le 21 juin 2002, Anciens Combattants Canada offre une enveloppe d’indemnisation de 39 millions de dollars à 1800 Indiens inscrits en vertu de la Loi sur les Indiens qui étaient retournés vivre dans leur réserve après leur service pendant la Seconde Guerre mondiale et la guerre de Corée. Toutefois, les Métis, les Inuits et les Indiens non inscrits ne sont pas visés par cette offre; en tout, quelque 3000 personnes n’ont droit à aucune indemnité.

Puisque l’enveloppe d’indemnisation du gouvernement fédéral ne s’applique qu’aux Indiens inscrits vivant dans une réserve, l’Association des Amputés de guerre et le Conseil national des associations d’anciens combattants au Canada (CNAAC) déposent une réclamation devant le Comité des droits de l’homme des Nations Unies pour obtenir justice.

Dans sa réclamation préparée par le conseiller juridique de l’association, Brian Forbes, celle-ci fait valoir que le gouvernement canadien a agi de façon discriminatoire en offrant des prestations de réadaptation sans tenir compte de la situation particulière des anciens combattants autochtones dans les lois, les règlements ou les procédures adoptés. Il demande des subventions spéciales de 7500 $ par année pour les périodes de service au Canada seulement et de 15 000 $ par année pour les périodes de service dans un théâtre de guerre.

En 2006, l’Association des Amputés de guerre approchera les représentants du Parlement et les sénateurs dans l’espoir d’en arriver à un règlement, après quinze années de requêtes soumises au nom des anciens combattants autochtones.

De nos jours, l’association, avec le soutien du CNAAC, poursuit sa mission et appuie les anciens combattants autochtones.

2009 : Cliff Chadderton prend sa retraite

Après quarante-quatre ans de service à la tête de l’Association des Amputés de guerre et des décennies passées à veiller sans relâche aux intérêts des anciens combattants du Canada, Cliff Chadderton prend sa retraite à l’âge de quatre-vingt-dix ans.

Cliff Chadderton était déterminé à ce que les programmes mis en œuvre par les amputés de guerre continuent d’exister. Il a fait preuve de prévoyance en instaurant, bien avant son départ, une solide équipe chargée de poursuivre la tradition « les amputés s’entraident » dans le second siècle d’existence de l’association. En 2005, le conseil national d’administration a procédé à l’établissement d’un comité de direction composé de Cliff Chadderton, de Brian Forbes, conseiller juridique de l’association depuis 1975, et de David Saunders, travaillant à l’association depuis 1979, d’abord comme directeur des finances, puis à titre de chef de l’exploitation (poste qu’il occupe encore aujourd’hui).

Une photo de Cliff Chadderton.

En 2009, au moment du départ à la retraite de Cliff Chadderton, le conseil national d’administration adopte le plan opérationnel proposé par ce dernier, soit d’assurer la continuité au moyen du comité de direction composé de messieurs Forbes et Saunders. Brian Forbes prend alors la responsabilité de la présidence, en ce qui a trait à la gouvernance et à l’administration des programmes caritatifs de l’association. Brian Forbes, qui a eu le privilège de travailler étroitement avec Cliff Chadderton pendant près de trente-cinq ans, est une sommité dans le domaine de la législation relative aux anciens combattants. Il continue aussi d’agir en tant que conseiller juridique pour le compte de l’association, en plus d’occuper la présidence du Conseil national des associations d’anciens combattants au Canada. Le comité de direction est secondé par un sous-comité de direction, composé de Danita Chisholm, directrice générale des communications et du Programme LES VAINQUEURS; de Lorraine Cornelius, directrice générale de la sensibilisation du public; et de Darlene Quesnel, directrice générale des activités internes. En ce qui concerne le bureau du Québec de l’association, Marlène Girard continue d’occuper le poste de directrice générale.

Par ailleurs, la représentation régionale d’un bout à l’autre du pays a toujours fait partie intégrante de la structure organisationnelle de l’association, conformément à ce qui a été établi dans sa constitution. Dès les premières années d’existence de l’association, les amputés de guerre, par l’intermédiaire des succursales régionales, ont pris en main la tâche importante de rejoindre tous les amputés et de leur fournir du soutien à l’échelle communautaire. Dans une perspective d’avenir, cette représentation d’un océan à l’autre se poursuivra grâce au travail de représentants régionaux, des doyens du Programme LES VAINQUEURS ayant un engagement de longue date ainsi qu’un dévouement manifeste envers l’association. Ces ambassadeurs contribueront à la poursuite de la mission de l’organisme.

Ce que les amputés de guerre ont commencé à bâtir à leur retour de la Première Guerre mondiale constitue aujourd’hui un précieux héritage qui continue de prendre de l’expansion et d’évoluer pour répondre aux besoins particuliers des personnes amputées – anciens combattants, adultes civils et enfants. L’œuvre de l’Association des Amputés de guerre couvre à présent un large éventail de questions touchant les personnes amputées. Elle leur procure de l’aide financière pour les membres artificiels dont elles ont besoin pour vivre en toute autonomie, leur donne une voix pour défendre leurs droits, et bien d’autres choses encore.

Les magazines The Fragment et À votre service

2010 : Le magazine The Fragment devient At your service… (en anglais) et À votre service... (en français)

Les magazines The Fragment et À votre service

Près de 90 ans après sa création, le magazine de l’association The Fragment, destiné aux anciens combattants amputés et à leur famille, devient At your service… (en anglais) et À votre service… (en français). La publication continue de jeter des ponts entre les membres de tout le pays et de leur fournir de l’information pertinente sur les pensions et les lois ayant trait aux anciens combattants, ainsi que sur d’autres sujets d’intérêt.

Pour souligner le 95e anniversaire de l’association et commémorer sa longue et riche histoire, The Fragment reprendra son titre original en 2013, le temps d’un numéro spécial contenant une belle collection d’anciens articles illustrant le rôle important que le magazine a joué au sein de l’association depuis ses jeunes années.

2014 : Lancement du Programme Équité pour les personnes amputées

Depuis sa fondation, à la fin de la Première Guerre mondiale, l’association lutte pour protéger les droits des anciens combattants amputés et veille à ce que les injustices qu’ils subissent soient corrigées. Au fil des ans, l’association a mené plusieurs importantes batailles en soutien aux personnes amputées et aux vétérans.

En 2014, les ressources et efforts consacrés à ces fins prennent de l’expansion avec la création du Programme Équité pour les personnes amputées afin de donner une voix à tous les Canadiens amputés.

Par l’intermédiaire de ce programme, l’association soutient les personnes amputées qui sont victimes de discrimination ou de lourdeur bureaucratique alors qu’elles tentent d’obtenir de l’aide financière ou de faire respecter leurs droits. Équité pour les personnes amputées vise à améliorer la qualité de vie de tous les Canadiens amputés. Ainsi, l’association s’emploie à faire corriger les iniquités et les lacunes qu’elle relève dans divers domaines : couverture insuffisante pour les appareils prothétiques, assurances (publiques et privées), questions d’ordre juridique, droits de la personne et prestations gouvernementales.

2014 : Officialisation de la relation de travail avec le MDN

Pour transmettre son expertise au sujet de tous les aspects du quotidien d’une personne amputée et pour appuyer les amputés de guerre avant leur libération, l’Association des Amputés de guerre conclut un partenariat de collaboration avec le ministère de la Défense nationale (MDN). Ainsi, il est certain que les amputés de guerre toujours en service recevront des soins de santé, incluant les membres artificiels, actuels, basés sur des données factuelles et qui répondent le mieux à leurs besoins spécifiques.

L’association a travaillé avec le MDN et les vétérans de l’ère moderne lors d’évaluations de la condition physique afin de mesurer les besoins prothétiques des personnes amputées qui sont en service militaire actif.

L'Édifice H. Clifford Chadderton

2014 : Le siège social devient l’Édifice H.-Clifford-Chadderton

L'Édifice H. Clifford Chadderton

En hommage à la vie et à la contribution du regretté Cliff Chadderton, ancien chef des services administratifs des Amputés de guerre, le siège social de l’association, à Ottawa, prend son nom et devient l’Édifice H.-Clifford-Chadderton.

2014 : L’Association des Amputés de guerre demande une réforme de la Nouvelle Charte des anciens combattants

Adoptée en 2006, la Nouvelle Charte des anciens combattants a métamorphosé la manière dont le gouvernement fédéral assure la prestation de son soutien financier aux anciens combattants. Les groupes de vétérans ont vertement critiqué la nouvelle charte depuis sa promulgation. Malgré de fréquents appels en faveur d’une réforme, plusieurs des lacunes de la charte n’ont toujours pas été comblées.

Nouvelle Charte des anciens combattants

L’Association des Amputés de guerre communique depuis plusieurs années avec les vétérans amputés de l’ère moderne qui ont pris part aux conflits en Afghanistan ou ailleurs. Elle les aide à obtenir les avantages et les services auxquels ils ont droit en les informant à propos de ce qui leur est offert et en agissant pour eux en tant que navigateur afin de simplifier et d’accélérer les procédures bureaucratiques.

En raison des années au cours desquelles elle est venue en aide aux vétérans amputés de l’ère moderne relevant de la Nouvelle Charte des anciens combattants de même que des décennies ou elle a soutenu les vétérans traditionnels relevant de la Loi sur les pensions, incluant ceux qui ont combattu pendant les deux guerres mondiales et la guerre de Corée, l’association est tout particulièrement qualifiée pour mettre en application sa connaissance approfondie de chaque législation afin de relever les disparités et les iniquités qui existent entre les deux.

En 2014, après des années de négociations et de consultation avec Anciens Combattants Canada (ACC) pour améliorer la charte, le Conseil national des associations d’anciens combattants (CNAAC), dont l’Association des Amputés de guerre est un membre fondateur, présente un mémoire historique au Comité permanent des anciens combattants, dans lequel il accuse le gouvernement d’avoir failli à ses engagements de mettre à jour la nouvelle charte lorsque des lacunes et d’autres points controverses ont été constatés. Les anciens combattants avaient initialement accepté la loi en raison de la promesse de réforme, manifeste dans la description du document par le gouvernement, qui qualifiait cette charte d’« évolutive ». Le mémoire du CNAAC contient dix recommandations pour combler les lacunes de la charte.

À la suite de la présentation du mémoire en 2014 et d’un examen minutieux de la charte par d’autres groupes d’anciens combattants, le gouvernement canadien annonce des modifications. Il ne s’agit que de « demi-mesures », puisque les recommandations formulées par le CNAAC, le Comité permanent des anciens combattants et d’autres groupes consultatifs n’ont pas été entièrement mises en application.

De nouveau, en 2015, le CNAAC, présidé par Brian Forbes, président du comité de direction de l’Association des Amputés de guerre, présente ses recommandations de façon détaillée au Comité permanent des anciens combattants relativement à la nature incomplète du projet de loi C-58/59 déposé devant le Parlement et décrit les failles de la charte, qui n’ont toujours pas été corrigées.

L’association, avec le soutien du CNAAC, continue de faire pression sur le gouvernement afin qu’il comble les lacunes de la charte et en corrige les iniquités. En plus de participer aux sommets des anciens combattants, l’association fait partie de quatre des six groupes consultatifs du ministère des Anciens Combattants, dont le Groupe consultatif sur les politiques relatives aux vétérans, qui est coprésidé par Brian Forbes.

En 2018, le gouvernement dépose le projet de loi C-74, partie 4, le rétablissement longtemps attendu de la pension à vie pour les vétérans. Toutefois, cette annonce ne respecte pas la promesse électorale de 2015 du gouvernement libéral et ne répond pas aux attentes des anciens combattants en ce qui a trait à cet engagement officiel et fondamental.

En effet, la « pension à vie » convertit simplement le montant de l’indemnité d’invalidité forfaitaire en une forme de pension à vie offerte aux anciens combattants handicapés qui sont admissibles. De plus, l’annonce de deux nouveaux avantages (qui remplacent des avantages existants) aura une applicabilité limitée et n’aura pas de retombées pour la majorité des vétérans handicapés.

Il est clair que la disparité financière qui demeure entre la Loi sur les pensions et la Nouvelle Charte des anciens combattants, l’évidence que le gouvernement continue à ignorer, sera perpétuée pour cette importante cohorte de vétérans handicapés au Canada.

Si la philosophie soutenue par ACC « un vétéran ‒ une norme » signifie quelque chose, le gouvernement doit saisir le moment et améliorer la Nouvelle Charte des anciens combattants afin de voir à ce qu’aucun vétéran ne reçoive moins d’indemnités en vertu de la nouvelle charte qu’un autre vétéran ayant la même invalidité ou incapacité mais dont les indemnités sont versées en vertu de la Loi sur les pensions. Le système arbitraire de deux poids, deux mesures concernant les vétérans blessés avant 2006 et ceux qui l’ont été après 2006 doit être éliminé. Ce point demeure une question préoccupante capitale pour les vétérans canadiens. Supprimer cette disparité afin de s’assurer que tous les anciens combattants handicapés reçoivent les mêmes indemnités demeure pour l’Association des Amputés de guerre une mission en cours, et ce, avec le soutien apporté au ministre d’ACC par le CNAAC et par le Groupe consultatif sur les politiques relatives aux vétérans.

2015 : Annonce d’un partenariat de collaboration avec ACC

À la suite de sa participation à la révision des politiques d’Anciens Combattants Canada (ACC) en matière de prothétique et des seize séances d’information sur le même sujet qu’elle a offertes en 2014 au personnel d’ACC, l’Association des Amputés de guerre officialise sa collaboration avec le Ministère en 2015. À titre de centre d’excellence en ce qui a trait à la vie quotidienne des personnes amputées, l’association est en mesure de transmettre son expertise et de communiquer des renseignements essentiels pour mieux répondre aux besoins des anciens combattants amputés.

2015 : Officialisation de la collaboration avec Orthèse Prothèse Canada

Dans la foulée de son engagement à rehausser les normes en matière de soins aux personnes amputées, l’association officialise sa collaboration avec Orthèse Prothèse Canada (OPC). Les deux organismes travaillent de concert pour que les personnes amputées reçoivent sans délai les soins de santé les plus appropriés, fondés sur les connaissances les plus à jour.

2016 : La « croisade pour une réforme » s’amorce

Grâce à son travail continu de défense des intérêts des personnes amputées, l’association a permis de mettre en lumière les lacunes relatives au financement prothétique, tant par le système de santé public que par les assureurs privés. La plupart des Canadiens seraient renversés d’apprendre que les régimes de santé provinciaux ou d’assurance-maladie ne couvrent pas adéquatement les membres artificiels et même que plusieurs provinces n’offrent aucun financement.

Visite chez le prothésiste

L’association comble ces lacunes là où elle le peut, mais en tant qu’organisme de bienfaisance financé uniquement par les dons du public, il y a une limite à ce qu’elle peut accomplir avec les fonds à sa disposition. Par conséquent, elle entreprend une « croisade pour une réforme » afin de veiller à ce que les normes ayant trait au soutien financier offert par les gouvernements provinciaux et les assureurs privés soient améliorées.

Un membre artificiel adapté et médicalement requis constitue un investissement dans la santé de la personne amputée, car il est démontré qu’il réduit l’incidence des complications à long terme et les coûts qui y sont associés, notamment les lésions attribuables aux mouvements répétitifs, les chutes et les fractures.

La « croisade pour une réforme » vise à informer les organismes gouvernementaux et de financement de la nécessité médicale des membres artificiels afin que les personnes amputées puissent recevoir les prothèses dont elles ont besoin pour assurer leur autonomie, leur sécurité et leur protection.

Au moment où l’Association des Amputés de guerre entame son deuxième siècle d’existence, elle doit livrer cette bataille de l’ère moderne pour faire en sorte que les besoins de toutes les personnes amputées soient comblés, tout comme elle lutte pour les anciens combattants depuis 1918.

2018 : L’association fête ses 100 ans!

Le logo du 100ème anniversaire

Il reste encore beaucoup à faire afin de voir à ce que les personnes amputées bénéficient des membres artificiels dont elles ont besoin pour vivre une vie active en toute autonomie. Le Programme LES VAINQUEURS, unique au monde, et les nombreux autres programmes essentiels de l’association aident plus de personnes amputées que jamais. Grâce au fidèle appui du public au Service des plaques porte-clés, l’héritage de l’Association des Amputés de guerre se perpétuera encore longtemps.

Un garçon jouant dans des jeux d'eau
Des anciens combattants et un enfants assis sur un banc de parc
Deux Vainqueurs échangeant
livre

Avec courage et détermination :
L’histoire de l’Association des Amputés de guerre 100 ans de service

livre

En 1918, lorsque des soldats amputés de retour de la Première Guerre mondiale ont créé l’Association des Amputés de guerre, ils n’auraient pu imaginer que leur héritage serait aussi vivant, cent ans plus tard. Afin de souligner cet anniversaire important, nous avons produit un livre intitulé Avec courage et détermination : L’histoire de l’Association des Amputés de guerre 100 ans de service, lequel relate les événements marquants de l’organisme au cours des cent dernières années. Ce livre contient aussi un grand nombre de photos et de témoignages venant de personnes qui ont bénéficié de l’aide de l’association au fil des ans.

Coût : 15 $ (frais d’expédition inclus)

Pour commander un exemplaire, veuillez communiquer avec nous :
1 800 250-3030
serviceclientele@amputesdeguerre.ca

2020 : L’Association des Amputés de guerre veille aux droits et aux intérêts des anciens combattants pendant la pandémie

En 2020, la pandémie de COVID-19 a eu de graves répercussions sur les vétérans. Ceux aux prises avec des troubles physiques ou mentaux ont dû faire face à des problèmes d’ordre financier et émotionnel. Tandis que le gouvernement a rapidement débloqué des millions en aide financière d’urgence pour le public, l’étude des demandes de prestations d’invalidité des vétérans de l’ère moderne a pratiquement été mise en suspens à un moment où ils avaient le plus besoin de soutien.

Avec des cliniques de médecins fermées et un nombre de rendez-vous considérablement réduit, les rapports médicaux exigés par Anciens Combattants Canada pour appuyer les demandes de prestations d’invalidité des vétérans étaient presque impossibles à obtenir. L’Association des Amputés de guerre et le CNAAC ont fortement recommandé que les demandes de prestations des vétérans soient approuvées automatiquement en se basant sur les preuves raisonnables fournies par le vétéran et sa famille. Des vérifications ponctuelles pourraient être effectuées plus tard pour remédier à tout abus éventuel.

Une déclaration de principe émise en juillet 2020 stipulait qu’ACC avait adopté plusieurs des recommandations proposées par l’Association des Amputés de guerre et le CNAAC. Cependant ACC n’a pas réussi à régler la crise des nombreux dossiers en attente, laquelle a été intensifiée par la pandémie. À la suite de notre soumission au Comité permanent des anciens combattants en novembre 2020, le Comité a produit un rapport en décembre demandant que des mesures radicales et novatrices soient apportées afin de régler l’arriéré et les délais de traitement.